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LES VERTUS DU BOYCOTT ELECTORAL – Introduction

LBC 09 - LES VERTUS DU BOYCOTT ELECTORAL
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Introduction : le boycott électoral a toujours été un acte politique

En 2020 et 2021, le boycott électoral, une nouvelle fois, a joué un rôle majeur dans la vie politique de plusieurs pays. C’est particulièrement le cas en Iran et en Algérie (le Hirak) qui vont faire l’objet d’une étude spécifique de La Dynamique. Nous n’évoquerons donc pas ici ces deux pays, ni le boycott du référendum en Nouvelle-Calédonie en décembre 2021 pour lequel nous diffuserons une analyse en janvier 2022. De son côté, la France, en 2022, pourrait connaître un vaste boycott de l’élection présidentielle susceptible d’atteindre un record historique au point de menacer le régime présidentialiste.

Il est donc temps de revenir sur la notion de boycott électoral, ses expériences dans l’histoire et ses différentes significations.

Le mot « boycott » vient du nom d’un riche propriétaire irlandais, Charles Cunningham Boycott (1832-1897). Quelques années après la grande famine irlandaise (1845-1852), il a augmenté le prix de ses terres louées aux fermiers. Toute la population du comté s’est alors mobilisée et l’a mis en quarantaine : les fermiers refusèrent de payer la location des terres, les ouvriers agricoles de travailler, et les habitants d’avoir des relations personnelles avec lui. Boycott fut ruiné !

On retiendra que le boycott, ou boycottage, est un acte collectif et politique. C’est en cela qu’il se distingue, concernant le boycott électoral, de l’abstention. Celle-ci est en effet un acte individuel qui n’a pas toujours un contenu politique véritablement affirmé.

Dans les pays d’ancienne tradition démocratique comme l’Europe de l’Ouest, boycotter une élection est un acte qui continue encore à choquer une partie de la population. Le suffrage universel ayant été acquis de haute lutte, les citoyens veulent à juste titre utiliser ce droit. Ils veulent ainsi manifester, par leur vote, leur appartenance à la communauté politique formée par la nation et contribuer à l’expression de la souveraineté du peuple.

Néanmoins, toutes les élections, dans tous les pays, ne se valent pas et ne se déroulent pas nécessairement dans des conditions d’honnêteté irréprochable. Les élections peuvent être volontairement truquées, ou tellement mal organisées que le résultat des scrutins n’a aucune fiabilité. Ou encore que ces élections ne servent à rien. Dans ces conditions, faut-il encore aller voter ?

Par ailleurs, l’incapacité des responsables politiques à résoudre les problèmes ou parfois même leur volonté de ne pas les résoudre, a provoqué une montée inouïe de l’abstention, des votes blancs et nuls dans tous les pays européens. Il s’agit, de fait, déjà, d’un boycott même s’il est spontané.

Quant aux boycotts électoraux organisés, ils sont une pratique politique assez rare en Europe, 5 pays seulement ont été concernés depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Le cas probablement le plus célèbre est celui de l’appel au boycott au deuxième tour de l’élection présidentielle en France, en 1969. Lancé par le Parti communiste français, le slogan « bonnet blanc, blanc bonnet », pour qualifier Georges Pompidou et Alain Poher, les candidats du second tour, est resté dans toutes les mémoires (voir plus bas).

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À l’échelle planétaire, des appels au boycott des élections sont régulièrement lancés. Ils émanent de forces ou de personnalités politiques très variées. Ces boycotts concernent généralement des élections présidentielles et législatives, c’est-à-dire les élections qui permettent d’accéder au pouvoir. On trouve 14 pays concernés en Afrique, 4 en Asie, 6 en Amérique, et quelques cas concernant le mouvement syndical et même des candidatures animalières au Mexique ! Voir l’annexe 1.

Il existe une quadruple justification des opérations de boycott des élections

  • La première raison avancée pour appeler au boycott d’une élection est le risque de fraude électorale institutionnelle. S’il existe des motifs de penser qu’une élection ne sera pas organisée honnêtement, le but du boycott sera de protester contre l’utilisation du fait même que l’élection a pu se tenir, pour tromper le peuple sur la réalité démocratique du régime.
  • La deuxième raison qui explique le boycott d’une élection est que le résultat de l’élection n’aura aucun effet sur les institutions. Quel que soit le vainqueur, rien ne changera dans l’organisation du pouvoir. Le boycott exprime dans ce cas le refus de reconnaître l’autorité et la légitimité du régime organisant l’élection.
  • Troisième raison pour boycotter une élection : le résultat est pratiquement connu d’avance, non par la fraude, mais par le jeu des institutions ou des évènements.
  • Quatrième raison : des groupes politiques, par l’appel au boycott, veulent masquer leur échec électoral prévisible.

Le résultat des opérations de boycott est variable. L’opération peut échouer, comme elle peut être très efficace, à court comme à moyen terme. Toutes les opérations de boycott, cependant, ne se valent pas. Certaines poursuivent des buts progressistes et d’autres non. Quand l’Armée Zapatiste de Libération Nationale, au Mexique, appelle au boycott des élections, ce n’est pas la même chose que l’appel lancé par l’opposition, au Venezuela, contre Hugo Chavez.


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