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LES VERTUS DU BOYCOTT ELECTORAL – Boycotts divers

LBC 09 - LES VERTUS DU BOYCOTT ELECTORAL
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V.- BOYCOTTS DIVERS

Deux cas seront présentés : le boycott des infirmiers concernant les élections départementales de l’Ordre des infirmiers, et des exemples pittoresques de candidatures animalières…

CGT, CFDT, CFTC, FO, SNICS, Sud, UNSA, boycott du renouvellement des conseils départementaux de l’Ordre infirmier, 3 avril 2014

L’Intersyndicale nationale contre les ordres professionnels, regroupant la CGT, la CFDT, la CFTC, FO, le Syndicat national des infirmier(e)s et conseiller(e)s de santé SNICS-FSU, Sud, l’UNSA, a appelé tous les infirmiers adhérents à l’Ordre à s’abstenir ou à boycotter les élections départementales de l’Ordre qui se sont déroulées le 3 avril 2014 par un vote par correspondance.

L’Ordre national des infirmiers a été créé par la loi du 14 décembre 2006. C’est un Ordre professionnel regroupant normalement de façon obligatoire tous les infirmiers habilités à exercer leur profession en France.

Environ 510 000 infirmiers étaient concernés. L’Ordre est censé veiller au maintien des principes éthiques et au développement de la compétence indispensable à l’exercice de la profession. Il doit représenter et promouvoir la profession d’infirmier dans son ensemble, quels que soient son mode d’exercice (privé, public, libéral), son type d’exercice (scolaire, en entreprise, sapeur-pompier, puéricultrice, anesthésiste, bloc opératoire, etc.) et son lieu d’exercice.

Il est chargé par le législateur d’être la voix de la profession sur des sujets comme la réforme de la santé au travail, la réforme de la santé mentale, les réformes des études… Il a également des missions de santé publique qui lui ont été confiées par la loi. Il établit le code de déontologie de la profession.

Pour les sept professions de santé chapeautées par une institution ordinale (sage-femmes, infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes, pédicures-podologues, pharmaciens, chirurgiens-dentistes et médecins), la loi impose une inscription au tableau de l’Ordre préalable à l’exercice professionnel (sauf pour les services de santé des armées).

L’organisation de l’Ordre comprend trois niveaux : départemental, régional et national. Les conseillers ordinaux sont élus au suffrage direct pour l’échelon départemental et indirect pour les échelons régionaux et nationaux. Les conseillers départementaux élisent les conseillers régionaux, qui élisent eux-mêmes les conseillers nationaux.

À chaque échelon, le conseil est composé de trois collèges d’infirmiers (salariés du secteur public, ceux qui exercent en libéral et les salariés du secteur privé). Les conseils départementaux, au nombre de 100, ont pour mission principale l’inscription des professionnels au tableau de l’Ordre et assurent une mission de conciliation en cas de litige entre un patient et un professionnel ou entre professionnels.

Le conseil départemental est l’interlocuteur, notamment, de la délégation départementale de l’Agence régionale de santé, de la Préfecture, du Conseil départemental, pour tous avis et contributions concernant les besoins de la population en soins infirmiers dans tous les champs d’exercice (prévention, soins curatifs et palliatifs, éducation thérapeutique, éducation à la santé dans tous les lieux de vie, urgences et veille sanitaires, Plan blanc…). Le conseil départemental est également l’interlocuteur direct des infirmières et des infirmiers. Il a pour partenaires les autres Ordres dans le cadre de sujets interprofessionnels, ainsi que les autres organisations professionnelles représentant les infirmiers.

L’Ordre n’a pas réussi à convaincre de son utilité puisque, en 2010, seulement 10 % des infirmiers français s’étaient inscrits. La situation financière de l’Ordre infirmier était jugée « très délicate ». La création de l’Ordre national a très vite fait face à un mouvement d’opposition soutenu notamment par des syndicats poly-catégoriels.

La CFE-CGC est la seule confédération syndicale qui se soit montrée favorable à cette structuration. La Coordination nationale des infirmiers y est également favorable. Les opposants à la création de l’Ordre infirmier, en revanche, en contestent les fondements même. Il s’agit principalement de centrales syndicales comme la CGT, FO, SUD Santé-Sociaux, la CFTC et la CFDT. Opposée à ce principe d’obligation, l’Intersyndicale souhaite que les pouvoirs publics abrogent les instances ordinales, et ce pour plusieurs raisons.

La première est philosophique : « pas question de payer pour travailler ! ». L’adhésion annuelle à l’Ordre infirmier est en effet de 45 euros (payée aujourd’hui par 145 000 professionnels), celle à l’Ordre des médecins atteint 305 euros. L’Intersyndicale admet qu’abroger les Ordres ne sera pas chose aisée. Elle dénonce à ce titre le « lobbying massif » de certains parlementaires médecins et de l’Ordre auquel ils appartiennent.

C’est pour cet ensemble de raisons que les branches « santé » des principaux syndicats de la fonction publique ont appelé au boycott des élections des Conseils départementaux de l’Ordre infirmier, qui se sont tenues le 3 avril 2014 sur tout le territoire. CFDT, CFTC, CGT, FO, SNICS-FSU, SUD et UNSA ont préconisé l’abstention « pour contester la légitimité de cette officine ».

Ce fut un succès puisque 29 547 infirmiers seulement ont participé au vote sur les 134 482 infirmiers invités à voter (inscrits à l’Ordre avant le 3 février 2014). Rapporté au nombre d’infirmiers appelés à participer (595 594), la proportion de votants en 2014 n’a été que d’environ 6 %. Cela montre un rejet de l’Ordre par la profession.

Faute d’élus, certains Conseils départementaux ont cessé de fonctionner. Par exemple le département de l’Ain ne comptait aucun élu, tout comme le territoire de Belfort. Dans l’Indre ou la Sarthe, le Conseil départemental ne comptait qu’un seul élu (collège public), tout comme dans la Meuse, la Mayenne et la Nièvre (un titulaire pour le collège libéral) ou l’Orne (un titulaire collège privé)…

Une telle situation a ôté toute légitimité à l’Ordre. Les pouvoirs publics ont promis d’agir… Dans un référé rendu public le 30 mars 2021, la Cour des comptes donne, de fait, raison aux boycotteurs. Celle-ci pointe les « grandes difficultés de fonctionnement de l’Ordre ». Seulement 52 % (378 000 sur 722 000) étaient inscrits à l’Ordre…

Mexique, candidatures animalières aux élections municipales du 7 juillet 2013

A l’occasion des élections municipales au Mexique, le 7 juillet 2013, des candidats-bêtes ou candidatures animalières sont apparues dans plusieurs villes.

C’est le cas du chat Morris, candidat à la mairie de Xalapa, capitale de Veracruz. « Fatigué des rats ? Vote pour un chat…  », pouvait-on lire sur l’une des nombreuses pancartes soutenant sa candidature. « Face à la quantité de rats à l’affût pour ces postes, seul un chat semble capable de rétablir l’ordre. Le ’candigato’ (« candi-chat ») ne promet rien de plus que les autres candidats : se reposer et s’amuser », explique la page Facebook de Morris, « chat-candidat », qui a recueilli plus de 100 000 « J’aime ».

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À Oaxa, c’est le CANdidato Titan, un Saint-Bernard (can signifie « chien »), qui a tenté sa chance avec le slogan « Yes we CAN ! ».

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Il y a aussi l’âne Chon à Ciudad Juarez avec le slogan suivant : « Mieux vaut un âne pour président, qu’un président-âne ».

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Autant de candidats qui illustrent le niveau de confiance que les citoyens mexicains accordent à leurs élus municipaux…


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