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Élection présidentielle française de 2027 : une mascarade ?

Élection présidentielle française de 2027 : une mascarade ?
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Jacques Nikonoff, Dynamique populaire constituante (DPC), universitaire, ancien élève de l’École nationale d’administration, 2 octobre 2026

Article pour le média turc ARB24 News.

Au printemps 2027 se tiendra l’élection présidentielle, suivie des élections législatives. Emmanuel Macron, le président actuel, ne peut pas se représenter à ces élections car la Constitution française limite à deux mandats la possibilité d’être président, ce qui est son cas. Heureusement pour lui (et pour la France !), car Monsieur Macron, en septembre 2026, ne recueillait dans les sondages que 16 % d’opinions favorables. C’est un record absolu, seul Monsieur Hollande, du Parti socialiste, à la fin de l’année 2016, avait pu rivaliser avec seulement 18 % de citoyens satisfaits. Ce score particulièrement médiocre l’avait d’ailleurs conduit à ne pas se représenter à l’élection présidentielle de 2017.

Les Français rejettent massivement Monsieur Macron. On peut même dire qu’ils le vomissent. Ils lui reprochent son incompétence, son zèle à défendre les intérêts des puissants, son arrogance, sa suffisance, son mépris du peuple. Les Français ont honte de la France avec un tel président.

Avec Macron président pendant 10 ans, la France a poursuivi et même accéléré son déclin dans tous les domaines : chômage de masse, bas salaires, énorme déficit du commerce extérieur, gonflement extravagant de la dette publique, désindustrialisation, atteintes croissantes à la démocratie et aux libertés publiques, destruction planifiée et cynique de services publics essentiels comme l’hôpital, la sécurité, la justice, l’éducation, les retraites, etc. La France, comme le système de l’Union européenne et l’Occident en général, est en chute libre. Jusqu’où va-t-elle tomber, et quand ce drame va-t-il cesser ?

Pourtant, grâce au système électoral de la présidentielle française, Monsieur Macron a été largement élu deux fois au second tour lors des deux dernières élections présidentielles, avec les voix de la droite et de la gauche. Comment un tel miracle a-t-il été possible ? Ce miracle peut-il se reproduire en 2027 en l’absence de Monsieur Macron ?

Depuis plusieurs décennies maintenant, le Front national initialement (FN), puis le Rassemblement national aujourd’hui (RN), a été littéralement fabriqué par François Mitterrand et le Parti socialiste, pour être ensuite instrumentalisé par toute la gauche et par toute la droite. Dans quel but ? Il s’agissait de présenter le FN, devenu le RN, comme le mal absolu. En lui offrant l’accès aux médias (contrôlés par le pouvoir), l’objectif était de faire grossir la petite entreprise politique familiale Le Pen et de placer le candidat familial du RN (Le Pen père ou fille, avec la nièce en embuscade) au second tour de la présidentielle. C’était le meilleur moyen d’assurer la victoire quasi-automatique du candidat du système qui lui serait opposé, qu’il soit de droite ou de gauche. Les électeurs, face au mal absolu que représenterait le FN/RN, étaient alors invités à choisir le « moins pire », c’est-à-dire évidemment le candidat du système.

Cette opération politique, lancée par la gauche socialiste (puis soutenue dans les faits par les communistes), purement électorale et pseudo morale, dépolitisée, a empêché le débat d’idées pour contrer le FN/RN sur le terrain intellectuel et idéologique, offrant à ce dernier un véritable boulevard. Car bien sûr, pour empêcher le supposé mal absolu de gagner l’élection présidentielle, il fallait faire au second tour des alliances gauche-droite plus ou moins officielles afin de barrer la voie au candidat du « mal ». On appelle ça en France « faire barrage » ou « front républicain ». C’est grâce à ce dispositif que la gauche et la droite ont fait élire à la présidence de la République au second tour Jacques Chirac en 2002, et Emmanuel Macron en 2017 et en 2022.

La caractéristique politicienne entièrement nouvelle de l’élection 2027 est que Madame le Pen, candidate du RN, arrive largement en tête au premier tour dans tous les sondages, et qu’elle est donnée gagnante au second tour. Il semble que la créature soit en train d’échapper à ses créateurs. C’est pourquoi le dispositif politicien s’est adapté, certains parlent ainsi des « deux extrêmes » en invoquant le RN de Madame Le Pen d’un côté, et La France Insoumise de Monsieur Mélenchon d’un autre côté. Le « mal absolu » aurait donc désormais une double face.

Comment se prépare l’élection présidentielle du printemps 2027 ?

Pour l’instant, c’est une véritable mascarade, aucun des grands enjeux stratégiques auxquels est confrontée la France n’apparaît dans le « débat ». La quarantaine ou cinquantaine de candidats plus ou moins déclarés à ce jour rivalisent dans les « coups » médiatiques, généralement grotesques et ratés. Ils développent des thèmes qu’ils croient portés par leur électorat particulier – leur niche électorale -, sans jamais (ou rarement) se hisser au niveau de l’intérêt général, celui de tout le peuple et de la nation. Dans ce cloaque, deux candidats, toujours les mêmes, sont en tête de tous les sondages. Il s’agit de Marine Le Pen et de Jean-Luc Mélenchon, qui, selon toute vraisemblance, devraient donc être présents au second tour de l’élection. En outre, et de très loin, tous les sondages donnent Madame le Pen gagnante face à Monsieur Mélenchon au second tour. Au premier tour, Marine Le Pen obtient régulièrement entre 33 et 36 % des voix, tandis que Monsieur Mélenchon est entre 15 et 18 %.

Une première observation s’impose. Bien sûr, la victoire de Madame Le Pen au second tour est pronostiquée par les sondages. Or, on sait que les dynamiques des campagnes électorales peuvent faire évoluer les prévisions de résultats, et parfois même dans d’importantes proportions et assez rapidement. Mais la victoire électorale de Madame Le Pen reste une probabilité crédible. Cette hypothèse mérite donc d’être anticipée, discutée, pensée. Que vont faire les différents partis politiques après une éventuelle victoire de Madame Le Pen au second tour de la présidentielle, puisque le « mal » absolu serait au pouvoir ? Que vont-ils faire pour les élections législatives qui vont suivre quelques semaines plus tard l’élection présidentielle ? Car en dernière instance, malgré les pouvoirs conférés au président de la République, le véritable pouvoir sera dans les mains de l’Assemblée nationale (néanmoins largement limité par les ingérences du système de l’Union européenne). Étrangement, aucune réflexion, aucun débat n’a lieu sur l’hypothèse de la victoire de Madame Le Pen et sa capacité de mettre en œuvre son programme. Comme si les responsables politiques étaient dans le déni en faisant semblant de ne pas y croire. Ou bien ils ont peut-être tellement bien intégré cette hypothèse, qu’ils vont à l’élection présidentielle comme le mouton à l’abattoir.

Pourtant, la probabilité que le RN obtiennent une majorité absolue de sièges à l’Assemblée nationale est assez faible. Ce dernier devra donc faire des alliances. Une partie de la droite y est prête, mais cela suffira-t-il pour constituer une majorité ? Rien n’est moins sûr. Une chose paraît claire cependant, Monsieur Bardella, l’adjoint de Madame Le Pen, ne sera pas Premier ministre. Nous allons donc entrer dans une période d’instabilité ministérielle, dans laquelle Madame le Pen – encore une fois si elle est élue présidente de la République – aura le plus grand mal à mettre en œuvre son programme.

Opération « deux extrêmes »

Ensuite, on peut observer qu’une opération « deux extrêmes » est en cours. Encore une fois, l’objectif est de faire peur aux électeurs en agitant la menace de l’extrémisme, du chaos, de la violence. Il y aurait ainsi l’extrême droite avec Madame Le Pen, et l’extrême gauche avec Monsieur Mélenchon. Disons-le clairement, cette qualification d’ « extrêmes » est fantaisiste, car ni Madame Le Pen et le Rassemblement national, ni Monsieur Mélenchon et La France Insoumise ne font plus désormais partie des extrêmes.

Certaines forces politiques et des commentateurs ont inventé cette formule pour faire peur aux électeurs afin de montrer que le « Bloc central » était beaucoup plus raisonnable et qu’il fallait voter pour ses candidats. Je précise d’ailleurs que le « Bloc central » ne signifie pas qu’il s’agit de centristes au sens politique. Il n’y a pas de candidat centriste à cette élection pour le moment. Le « Bloc central » est composé de macronistes comme les anciens Premier ministre Edouard Philippe (l’éborgneur de Gilets jaunes), et Gabriel Attal (le gendre – presque – idéal), qui sont en réalité de droite, avec d’autres candidats de droite comme Bruno Retailleau (Les Républicains). « Bloc central » sert à désigner les forces politiques et candidats qui se trouvent entre les supposées deux extrêmes, hors gauche non LFI (Parti socialiste, Parti communiste français, partis écologistes…). C’est une notion géographique, pas politique.

Madame Le Pen et le Rassemblement national ne sont plus d’extrême droite, même s’il y a quelques restes, et encore moins fascistes, même s’il y a des gens d’extrême droite et des fascistes au sein du RN. L’extrême droite en France peut être caractérisée par le nationalisme absolu, des sympathies marquées pour le régime de Vichy, le rejet de la République comme l’ont montré les ligues fascistes en 1936. Le RN en tant que parti politique ne correspond plus à ces critères. C’est un parti qui conserve des traces d’extrême droite comme son obsession identitaire et des traces de nationalisme avec la notion de préférence nationale pour l’accès aux services publics. Le slogan « produire et acheter français » était aussi une forme de préférence nationale, mais appliquée à l’économie. En outre le RN a abandonné sa revendication de sortie de l’euro et de l’Union européenne. Mais le Front National, puis surtout le Rassemblement national, ont supprimé les références à Vichy et ont accepté la République en intégrant le jeu électoral et institutionnel. Le RN s’est rapproché de la droite classique comme LR en vue de l’absorber, ce qui est en cours. Par exemple, il n’existe presque plus aucune différence entre Bruno Retailleau, le patron du parti de droite Les Républicains et Madame le Pen. Monsieur Retailleau serait-il devenu d’extrême droite ? Le programme du RN est aujourd’hui proche de celui du Medef, le syndicat des grands patrons, dont certains des membres soutiennent désormais ouvertement le RN. S’il n’est plus d’extrême droite, le Rassemblement national est en revanche clairement xénophobe. Une partie importante de son carburant électoral vient en effet de la haine et de l’obsession qu’il diffuse en permanence contre les immigrés, essentiellement les Arabes et les musulmans. Ce parti est extrémiste non pas par sa droite, mais par sa xénophobie. C’est un parti de droite radicale, autoritaire et xénophobe.

Quant à Monsieur Mélenchon, ancien militant d’extrême gauche, et son parti La France Insoumise, ils ne sont pas d’extrême gauche, même si des militants et groupes d’extrême gauche sont membres de LFI. Le parti la France Insoumise est un parti social-démocrate, réformiste, car il ne remet pas en cause le système capitaliste et ne prône pas la violence pour conquérir et exercer le pouvoir. Le seul extrémisme de Monsieur Mélenchon est sa production rhétorique qui s’emballe régulièrement pour devenir rapidement incontrôlable.

Pour l’instant, aucun des 10 enjeux stratégiques vitaux qui se posent à la France n’est véritablement abordé par les candidats

Même si ces enjeux sont ici présentés sous la forme d’une liste de 10 enjeux-clés, dans laquelle les candidats pourraient choisir, ils sont tous prioritaires. Il faut prendre la liste entière ! Car ces enjeux sont systémiques. Cela signifie que c’est le système France qui est sur le point de s’éteindre, et que pour le ranimer, ces enjeux, dans leur ensemble, doivent agir et réagir les uns sur les autres. On ne peut pas les séparer. L’enjeu global, systémique, est celui de la continuation de la France. Nous en sommes là.

1.- Voulons-nous la guerre en poursuivant la participation de la France au conflit ukrainien, ou voulons-nous la paix en sortant de l’OTAN et en arrêtant les livraisons d’armes, de munitions et de financements pour faire notamment redescendre le prix de l’énergie ?

2.- Voulons-nous la poursuite du déclassement général de la France, ou voulons-nous le redéveloppement de l’industrie notamment grâce à la sortie indispensable de l’euro et de l’Union européenne, et la mise en place de mesures protectionnistes ?

3.- Voulons-nous la persistance du rôle néfaste des marchés financiers au service d’une minuscule caste de parasites, ou voulons-nous la mise sous tutelle de la finance pour lui interdire le financement de l’État afin d’éliminer la dette publique, et pour sortir les entreprises des griffes des marchés financiers ?

4.- Voulons-nous l’intelligence artificielle et les cryptomonnaies livrées à elles-mêmes, ou voulons-nous un encadrement strict géré au sein de l’ONU et sans attendre sur le plan national ?

5.- Voulons-nous la poursuite de la destruction de l’hôpital public, de l’institution éducative, de la justice, de la sécurité, de tous les services publics, ou voulons-nous au contraire la reconstruction de l’État social qui est présent, qui protège, et qui répond aux besoins et à la détresse de la population ?

6.- Voulons-nous la continuation et l’amplification des catastrophes naturelles avec le dérèglement climatique, ou voulons-nous la prise de conscience que la vie elle-même sur la terre devient menacée pour toutes les espèces qui y habitent ?

7.- Voulons-nous une France qui se désintègre avec le néolibéralisme dans le système de l’Union européenne et l’Occident, ou voulons-nous une France qui renaît dans le rapprochement avec les BRICS, la démondialisation et la paix dans le monde ?

8.- Voulons-nous la poursuite d’une immigration incontrôlée et du discours de haine raciale et de division du peuple, ou voulons-nous la maîtrise des flux migratoires et l’assimilation de cette population à la nation française ?

9.- Voulons-nous le chômage de masse et la précarité, ou voulons-nous un plein emploi de qualité, particulièrement pour tous les jeunes déclassés des banlieues et des zones rurales ?

10.- Voulons-nous conserver le corset de la Constitution de la 5e République, ou voulons-nous une dynamique populaire constituante afin de restaurer la souveraineté du peuple et de la Nation pour régénérer la République ?

Aujourd’hui, le début de la campagne de la présidentielle 2027 apparaît comme une mascarade

Qu’on en juge !

Gabriel Attal, ancien Premier ministre de Monsieur Macron, complice avec lui du déclin de la France, veut continuer le massacre. S’il est élu, il souhaite, entre autres, réduire le nombre de députés de 577 à 350, licencier 100 000 fonctionnaires et renforcer les pouvoirs du président. À l’instar de Macron, il entend mener des réformes sans consulter l’opinion publique.

Réduire le nombre de députés est un gadget dont les effets ne présentent aucun intérêt, pas même financier. Quant aux 100 000 fonctionnaires que veut licencier Monsieur Attal, ce dernier ne dit pas dans quels secteurs ni pourquoi. Dans la police ? la justice ? l’éducation ? chez les pompiers ? dans les hôpitaux publics ? En réalité, c’est exactement l’inverse qu’il faut faire. Quant aux pouvoirs accrus du président de la République, pourquoi Monsieur Attal ne demande-t-il pas la fin des cinq « compétences exclusives » de l’Union européenne qui ont été volées aux États nationaux par le système de l’Union européenne ?

Édouard Philippe, lui aussi ancien Premier ministre de Macron, également complice du massacre de la France, ne fait aucun examen de conscience. Plus grave, il poursuit dans la logique macronienne. Ainsi, pour ne prendre qu’un exemple caricatural, son étonnante proposition de supprimer 50 milliards d’euros d’impôts de production pesant sur les entreprises afin de redonner de la compétitivité à l’appareil productif français par rapport à ses voisins européens. Il veut financer cette mesure en supprimant en parallèle 50 milliards d’euros d’aides publiques aux entreprises, jugées souvent trop complexes ou inefficaces (ce qui n’est pas faux !). Là encore ce n’est qu’un gadget qui masque l’incapacité des élites de s’attaquer aux causes réelles des problèmes (c’est surtout un manque de volonté !). Car le manque de compétitivité de l’industrie française repose sur deux facteurs principaux. Le premier est la surévaluation de l’euro pour la France, le second est le prix élevé du gaz, du pétrole, de l’énergie en général, à cause des guerres et du système européen délirant de fixation des prix de l’énergie. Pourtant la France produit une électricité d’origine nucléaire à un très faible coût. C’est le marché européen de l’énergie qui est en cause, dont Monsieur Philippe ne dit pas un mot.

Concernant les impôts sur les entreprises, ils ont rapporté 157 milliards d’euros en 2025 (64 milliards pour l’impôt sur les sociétés et 96 milliards pour les impôts de production). Parallèlement, selon un rapport du Sénat publié en juillet 2025, les aides aux entreprises en 2024 se sont élevées à 211 milliards d’euros. Cela signifie que sur le plan macroéconomique, les entreprises françaises reçoivent davantage d’argent de l’État qu’elles ne lui en versent au travers des impôts ! C’est une situation incroyable, peut-être unique au monde. Pourquoi cette politique, qui semble défier toute logique, a-t-elle été conçue ? Cette politique vise en réalité à renforcer la compétitivité des entreprises françaises, c’est-à-dire leurs performances à l’exportation. En effet, la France, avec l’euro, traîne derrière elle un boulet qui la tire vers le bas. Car l’euro, dès le départ, depuis la politique du « franc fort » déclenchée par le président Mitterrand en 1983, est surévalué pour la France, de 15 à 20 % par rapport à l’Allemagne, mais aussi par rapport aux États-Unis et à la Chine. À cet égard, la France est un cas particulier au sein de l’Union européenne. Au lieu de s’attaquer aux causes des problèmes et aux vraies solutions – sortir la France de l’euro et de l’Union européenne le plus vite possible – Monsieur Philippe fait de la diversion et montre qu’il ne veut être élu que pour faire de la figuration.

Marine Le Pen, entre autres aberrations, veut organiser un référendum dès qu’elle sera élue sur l’interdiction du voile islamique.

Certes, la France est une République laïque et elle ne saurait accepter des signes religieux ostentatoires dans l’espace public. Pour autant, face aux enjeux vitaux auxquels est confrontée la France, est-il vraiment sérieux de faire une telle proposition ? Le voile islamique est-il vraiment le problème majeur posé à la France qu’il faudrait résoudre de toute urgence par référendum, afin d’enrayer l’agonie de notre pays ? Poser la question c’est y répondre. Madame le Pen, elle aussi, est complètement à côté de la plaque.

Jean-Luc Mélenchon veut mettre au « frigo » la dette publique de la France.

Là encore, le manque de sérieux saute aux yeux. Monsieur Mélenchon est un charlatan. Il propose d’annuler une partie de la dette publique française achetée par la Banque centrale européenne, pour 600 milliards d’euros. Il ne fait aucun doute qu’une telle mesure devrait être décidée. Mais Monsieur Mélenchon n’a aucun pouvoir pour prendre cette décision qui relève exclusivement de la BCE qui est, comme chacun sait, « indépendante » du pouvoir politique (mais pas des marchés financiers !). En outre, la dette ne serait pas mise au « frigo », mais seulement une petite partie de celle-ci car il ne s’agit que de 600 milliards sur 3 500 milliards de dette publique au total. C’est donc un nouveau mensonge de Monsieur Mélenchon. Ajoutons que cette mesure ne porte que sur le stock de dette publique, pas sur les flux qui augmentent d’année en année. Cela signifie que le système-dette va continuer, car Monsieur Mélenchon ne veut pas, lui aussi, s’attaquer à la cause des problèmes, c’est-à-dire la soumission des hauts fonctionnaires et des dirigeants politiques aux marchés financiers et à l’euro. La résolution du problème de la dette publique en France nécessite pourtant d’interdire aux marchés financiers de prêter de l’argent à l’État, et pour cela il faut sortir de l’euro. Cela fera économiser chaque année entre 60 et 100 milliards d’euros !

Inutile, ici, d’évoquer certains autres candidats dont l’insignifiance n’a d’égale que leur ego démesuré. Un phénomène apparaît cependant assez probable, celui d’un traumatisme post-électoral pour l’électorat de Madame Le Pen et celui de Monsieur Mélenchon. Malgré une victoire électorale éventuelle, Madame le Pen aura d’immenses difficultés à réaliser son programme, la grande attente populaire qu’elle aura suscité dans une partie de l’électorat se transformera en une immense déception. En cas d’échec, la démobilisation de son électorat serait probablement encore plus grande. Même chose pour l’électorat de Monsieur Mélenchon, chauffé à blanc dans la croyance que ce dernier pouvait gagner la présidentielle, et qui constateront là encore très probablement, que ce ne fut pas le cas. Nul ne peut prédire les conséquences de ces multiples déceptions.

Raison de plus pour que le « débat » actuel de cette campagne présidentielle sorte du niveau d’indigence vertigineux dans lequel il est actuellement plongé. Car pour l’instant on se demande bien pour qui voter !

Jacques NIKONOFF


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